La micro-entreprise est une entreprise individuelle soumise à un régime forfaitaire pour le calcul de l’impôt et le paiement des charges sociales. Depuis le 1er janvier 2016, le régime du micro-entrepreneur remplace celui de l’auto-entrepreneur, un changement qui vise à simplifier la vie des créateurs individuels, qu’il s’agisse d’une activité commerciale, artisanale ou libérale.
Avec plus de 2,3 millions de micro-entrepreneurs recensés en France, ce statut est devenu le point d’entrée le plus courant dans l’entrepreneuriat individuel. Sa popularité repose sur trois avantages concrets : des cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires encaissé (pas de CA, pas de charges), une comptabilité réduite à un livre de recettes, et une création réalisable en ligne en quelques minutes via le guichet unique de l’INPI.
Définition du micro-entrepreneur
Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel ayant opté pour un régime fiscal simplifié. Ce statut concerne les activités commerciales, les entreprises de services et les professions libérales. Il permet d’exercer une petite activité professionnelle indépendante, de manière régulière ou ponctuelle, avec une connaissance à l’avance de toutes les charges sociales et fiscales découlant de l’activité.
Il est important de veiller à ce que le chiffre d’affaires annuel hors taxes ne dépasse pas les plafonds suivants, applicables en 2025 :
- 188 700 euros pour les activités de ventes de marchandises et fourniture de logement
- 77 700 euros pour les prestations de services et les activités libérales
- 15 000 euros pour les locations meublées de tourisme non classées
Le dépassement de ces plafonds sur deux années consécutives entraîne la sortie du régime micro au 1er janvier de l’année suivante, avec un basculement vers un régime réel d’imposition aux obligations comptables plus lourdes. Un dépassement ponctuel sur une seule année n’entraîne pas de changement immédiat de régime.
Les activités concernées
Ce statut peut être attribué à un micro-entrepreneur exerçant une activité commerciale, artisanale ou libérale. On parle d’activité commerciale lorsque l’entrepreneur achète des biens et des marchandises pour les revendre, dans une logique directement liée au domaine commercial. L’activité artisanale concerne la fabrication, la transformation et la réparation de produits, impliquant des interventions manuelles, des qualifications professionnelles et une immatriculation au répertoire des métiers. Elle doit être accompagnée d’une assurance professionnelle lorsqu’elle est obligatoire.
L’activité libérale s’adresse aux professionnels relevant de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse) ou de la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants, qui a remplacé le RSI depuis 2020) : actuaires, psychologues, guides touristiques, formateurs, traducteurs, entre autres. Le rattachement à l’une ou l’autre caisse conditionne le taux de cotisations applicable, il est donc important de le vérifier avant toute création.
Comprendre le régime social simplifié
Le régime social simplifié repose sur un principe unique : les cotisations sont calculées en appliquant un taux forfaitaire directement au chiffre d’affaires encaissé, sans distinction entre charges fixes et variables. Si le chiffre d’affaires est nul sur une période déclarée, aucune cotisation n’est due. C’est l’un des avantages les plus concrets du statut pour les activités à revenus irréguliers.
Les taux de cotisations sociales applicables en 2025 sont les suivants, contribution à la formation professionnelle en sus :
- 12,3% pour les ventes de marchandises (BIC)
- 21,2% pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC)
- 23,2% pour les professions libérales relevant de la CIPAV
- 24,6% pour les professions libérales relevant de la SSI
Ces taux couvrent l’ensemble des protections sociales obligatoires : assurance maladie-maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès et allocations familiales. Ce qu’ils ne couvrent pas : l’assurance chômage. En cas d’arrêt d’activité, le micro-entrepreneur ne bénéficie d’aucune indemnisation chômage, contrairement à un salarié. Souscrire une assurance volontaire contre ce risque ou constituer une épargne de précaution est une précaution que beaucoup de créateurs omettent au démarrage.
Le régime permet également la validation de trimestres de retraite, sous conditions de chiffre d’affaires minimum. Pour valider 4 trimestres en 2026, un micro-entrepreneur en activité de services doit encaisser au moins environ 8 227 euros sur l’année. En dessous, le nombre de trimestres validés est réduit proportionnellement.
En quoi consiste le régime fiscal de la micro-entreprise ?
Sur le plan fiscal, le micro-entrepreneur est imposé à l’impôt sur le revenu selon deux modalités possibles. Le régime de droit commun applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires avant imposition : 71% pour les activités d’achat-revente (BIC ventes), 50% pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC services), et 34% pour les activités libérales (micro-BNC). Le résultat est ensuite intégré aux revenus du foyer et soumis au barème progressif.
Sur option, le versement fiscal libératoire permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations sociales, à un taux fixe appliqué directement sur le CA : 1% pour les ventes, 1,7% pour les services BIC, et 2,2% pour les activités libérales BNC. Cette option n’est accessible qu’aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l’année N-2 est inférieur à environ 29 000 euros pour une personne seule. Elle est avantageuse pour les micro-entrepreneurs dont le taux marginal d’imposition est élevé, et neutre ou défavorable pour ceux qui ne sont pas ou peu imposables.
Autres points importants du régime :
- Aucune déclaration de TVA à faire, tant que les seuils de franchise en base de TVA ne sont pas dépassés (85 000 euros pour les ventes, 37 500 euros pour les services en 2025).
- À partir de la deuxième année d’activité, le micro-entrepreneur devient redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE), avec des exonérations possibles selon la zone géographique ou la nature de l’activité.
- Le micro-entrepreneur est responsable de ses biens personnels en cas de défaillance, sauf s’il a effectué une déclaration d’insaisissabilité sur sa résidence principale.
- Les cotisations sociales et l’impôt ne sont pas calculés sur le bénéfice réel mais sur le CA brut, ce qui peut devenir pénalisant si les charges réelles sont élevées.
Ce qu’il faut savoir sur la micro-entreprise
La micro-entreprise est une vraie entreprise qui doit trouver un financement adapté. Elle est gérée par le micro-entrepreneur, qui doit construire sa crédibilité, fixer des prix justes et suivre la rentabilité de son activité. La tenue d’un livre de recettes (et d’un registre des achats pour les activités commerciales) est obligatoire.
Le micro-entrepreneur peut interrompre ou cesser son activité à tout moment, sans procédure lourde. Il est à noter que « microentreprise » (sans trait d’union) désigne une petite entreprise sans préciser son régime juridique, tandis que « micro-entreprise » (avec trait d’union) désigne un statut fiscal précis, qui peut évoluer vers une EURL ou une SARL si l’activité se développe au-delà des plafonds ou si une structure plus adaptée devient nécessaire. Pour en savoir plus, lisez : Quel statut choisir après la micro-entreprise ?
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