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Peut-on se mettre en arrêt maladie pendant la période de préavis de démission ?

Votre médecin vous prescrit un arrêt maladie juste après que vous ayez donné votre démission. Vous vous demandez si cette arrêt pendant préavis change la durée de votre période de préavis. La réponse est simple : oui, vous pouvez vous arrêter, mais les règles varient selon le type de maladie.

Les bases du préavis et de l’arrêt maladie

Le préavis suit votre lettre de démission. Vous effectuez normalement ce délai pour quitter l’entreprise en douceur. Un arrêt maladie survient quand votre santé empire soudainement.

Le médecin délivre l’arrêt. Vous l’envoyez à la Sécurité sociale et à votre employeur. Cette suspension du contrat persiste même durant le préavis. Votre patron reçoit l’avis et ajuste les paiements. Les indemnités journalières de la Sécu remplacent alors votre salaire, à partir du 4e jour en général. L’employeur complète souvent via la mutuelle ou la convention collective, jusqu’à 90 % du brut les premiers mois selon les accords.

Arrêt pour maladie ordinaire : le préavis continue sans interruption

Dans le cas d’une maladie courante, non liée au travail, votre préavis suit son cours normal. L’arrêt suspend votre présence, mais pas le délai légal. Le contrat se termine à la date prévue, même si vous guérissez après.

Imaginez Marie qui démissionne le 1er février 2026 avec un préavis de deux mois. Elle tombe malade le 15 février pour une grippe sévère. Son arrêt dure trois semaines. Elle reprend le 8 mars, mais son contrat finit le 1er avril comme prévu. Elle perçoit ses indemnités pendant l’arrêt, puis son salaire pour le reste. L’employeur ne prolonge rien.

Ce principe s’applique à toutes les démissions. La Cour de cassation confirme depuis 1989 que l’absence n’allonge pas le délai. Vous devez exécuter le préavis sauf dispense de l’employeur. Si celui-ci vous libère, il verse une indemnité compensatrice égale au salaire perdu.

Exemples concrets en tableau

Date démissionDurée préavisDate arrêtDurée arrêtDate fin contrat
1er février 20262 mois15 février3 semaines1er avril 2026
10 mars 20261 mois20 mars10 jours10 avril 2026

Ce tableau montre que l’arrêt n’impacte pas la fin du contrat. Vous anticipez vos finances en vérifiant vos droits aux indemnités dès le début.

Accident du travail ou maladie professionnelle : le préavis se prolonge

La situation change radicalement si l’arrêt provient d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Le préavis s’interrompt pendant l’incapacité. Il reprend ensuite pour une durée équivalente à l’arrêt initial.

Prenez l’exemple de Paul. Il démissionne le 5 avril 2026 avec un préavis d’un mois. Le 12 avril, un accident survenu au boulot l’immobilise 20 jours. Son préavis pause jusqu’au 2 mai. Il continue alors les 10 jours restants, finissant le 12 mai au lieu du 5 mai. La CPAM paie les indemnités à 100 % du salaire brut dès le 1er jour.

L’employeur déclare l’accident en 48 heures. Vous recevez des soins pris en charge à 100 %. Cette prolongation protège vos droits. Vérifiez vite si votre pathologie entre dans ce cadre auprès du médecin du travail.

  • Signalez l’accident immédiatement à l’employeur.
  • Obtenez le certificat initial de la CPAM.
  • Calculez la nouvelle date de fin en ajoutant les jours d’arrêt.

Indemnités et rémunération pendant l’arrêt

Vous touchez toujours des indemnités, quel que soit le motif. Pour une maladie ordinaire, la Sécurité sociale verse 50 % du salaire journalier de base dès le 4e jour. Votre mutuelle ou prévoyance complète souvent jusqu’à 90-100 % pendant 90 jours.

L’employeur cotise à la Sécu pendant l’arrêt, sauf faute lourde prouvée. Si le préavis finit avant la reprise, le contrat s’arrête net. Vous basculez sur les allocations chômage si éligible, mais la démission bloque souvent ce droit sauf reconversion.

Comparaison des indemnités

Type d’arrêtIndemnité SécuComplément employeurDurée garantie
Maladie ordinaire50 % du SJB90 % souvent (convention)360 jours max
Accident du travail60-80 % du SJB100 % souventJusqu’à guérison

SJB signifie salaire journalier de base. Contactez votre RH pour les détails précis de votre contrat.

Démission pendant un arrêt en cours : les mêmes règles

Vous tombez malade avant de démissionner. Vous remettez votre lettre durant l’arrêt. Le préavis démarre à réception, sans prolongation pour maladie non pro. Vous restez en arrêt jusqu’à reprise ou fin du délai.

Jean entre en arrêt le 20 mars 2026 pour une bronchite. Il démissionne le 25 mars par lettre recommandée. Son préavis d’un mois court du 1er avril au 1er mai. Il reprend le 10 avril et bosse jusqu’à la fin. Pas de souci.

Seul l’employeur peut dispenser du préavis. Il paie alors l’indemnité. Négociez si votre santé complique les choses.

Licenciement et arrêt maladie : une dispense possible

L’employeur licencie pendant votre arrêt ordinaire. Le préavis court normalement, sans allongement. Exceptions pour inaptitude ou faute.

En cas d’accident du travail, le licenciement attend la reprise ou visite médicale. La loi protège contre les abus. 70 % des salariés en arrêt prolongé gardent leur poste selon des études récentes.

  • Vérifiez la lettre de licenciement en main propre ou par huissier.
  • Contestez si motif discriminatoire.
  • Préparez vos preuves médicales.

Conseils pratiques pour gérer cette période

Informez votre employeur dans les 48 heures de l’arrêt. Envoyez les volets par télétransmission. Suivez vos paiements sur ameli.fr. Si prolongation pour AT, recalculez la date de départ avec les RH.

Préparez votre retour en demandant un certificat de reprise. Ne signez rien sous pression. Consultez un avocat du travail si litige, gratuit via l’inspection du travail. 80 % des cas se règlent à l’amiable avec communication claire.

Anticipez vos finances : calculez indemnités sur le site de la CPAM. Vérifiez votre prévoyance pour le complément. Si fin de contrat en arrêt, demandez solde de tout compte détaillé.

Erreurs à éviter absolument

Ne tardez pas à notifier l’arrêt. Ignorer cela expose à sanction. Ne reprenez pas sans avis médical, sous peine de rechute. Évitez de démissionner verbalement : toujours par écrit recommandé.

Certains croient que l’arrêt dispense du préavis. Faux, sauf accord employeur. Vérifiez votre convention collective : elle peut offrir plus, comme maintien total de salaire 6 mois.

Vous gérez maintenant cette situation sereinement. Appliquez ces étapes et protégez vos droits.

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