Un stage de deux mois ou moins n’oblige à aucune gratification. Au-delà, le minimum légal revient à 693 € pour un mois complet, sans cotisation. Payé 1 000 € par mois, un stage de six mois coûte environ 9 000 € une fois ajoutés les charges, le transport, les repas et le temps du tuteur.
Quelle gratification verser, et à partir de quand ?
La rémunération d’un stagiaire porte un nom à part, la gratification, car il n’est pas salarié. Son coût dépend de la durée du stage et du taux horaire.
Le seuil des 308 heures
La gratification devient obligatoire au-delà de deux mois de stage, soit 44 jours de 7 heures ou 308 heures de présence. Le décompte se fait par organisme d’accueil et par année d’enseignement, périodes discontinues comprises. Elle est alors due dès le premier jour, et non à partir du troisième mois.
La règle crée un effet de seuil. À 308 heures, vous ne devez aucune gratification. À 309 heures, vous devez 1 390,50 €, car toutes les heures sont payées. Relisez les dates de la convention avant de signer. Le calcul est le même pour accueillir un stagiaire en micro-entreprise.

Le minimum légal et ce que paient les entreprises
Le montant minimum vaut 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4,50 € par heure de présence effective en 2026. Le BOSS annonce un plafond horaire inchangé en 2027, sous réserve de l’arrêté attendu en décembre. Votre convention collective peut imposer davantage : vérifiez-la avant de recruter un stagiaire.
Un mois de 154 heures donne 693 €. La somme se verse chaque mois, selon les heures réelles ou lissée sur la durée du stage.
Ce plancher n’est pas le prix du marché. L’enquête du cabinet Eiquem relevait en 2024 une moyenne de 851 € en PME et de 1 241 € dans les grands groupes. Le baromètre JobTeaser affiche 1 233 € pour les offres de niveau Master de 2026, et 1 061 € hors Île-de-France.
Quelles cotisations paie l’entreprise ?
La gratification suit un régime social à part, avec une frontière nette à 4,50 € de l’heure.
Rien jusqu’à 4,50 € de l’heure
Sous cette limite, ni l’entreprise ni le stagiaire ne paient de cotisations : le brut égale le net. Cette exonération, appelée franchise, vaut aussi pour une gratification facultative. L’établissement d’enseignement règle seul la cotisation accidents du travail.
Au-delà, environ 31 % sans réduction générale
Seule la part qui dépasse la franchise est cotisée. L’Urssaf y refuse la réduction générale et applique le taux plein : 13 % pour la maladie, 5,25 % pour la famille, 10,66 % pour la vieillesse. S’ajoutent la CSA, le Fnal, la formation, la taxe d’apprentissage et la cotisation accidents du travail, qui passe à sa charge.
Le total tourne autour de 31 % dans une entreprise de moins de 11 salariés, avant un éventuel versement mobilité. Un euro versé au-dessus de la franchise coûte donc 1,31 €, quand un salarié au Smic ne génère que quelques points de charges. Retraite complémentaire, assurance chômage et AGS ne sont jamais dues.
Voici le coût employeur pour 154 heures par mois :
| Gratification mensuelle | Part cotisée | Charges patronales | Coût mensuel | Coût sur 6 mois |
|---|---|---|---|---|
| 693 € (minimum légal) | 0 € | 0 € | 693 € | 4 158 € |
| 850 € (moyenne PME) | 157 € | 49 € | 899 € | 5 392 € |
| 1 000 € | 307 € | 95 € | 1 095 € | 6 571 € |
| 1 233 € (offres Master) | 540 € | 167 € | 1 400 € | 8 402 € |
Quels avantages s’ajoutent à la gratification ?
Le stagiaire accède à une partie des avantages de vos équipes, payés en plus de la gratification.
Transport, repas et CSE
L’abonnement de transport entre le domicile et le stage se rembourse pour moitié, comme pour un salarié. Le forfait mobilités durables est aussi possible. Restaurant d’entreprise et titres-restaurant s’ouvrent dans les mêmes conditions qu’à vos salariés : si vous n’en proposez pas, vous n’en devez pas.
Les activités du CSE lui sont accessibles. Un autre avantage en nature, comme un logement, est cotisé s’il s’ajoute à une gratification obligatoire.
Ce que vous ne payez pas
Une convention de stage n’est pas un contrat de travail : pas de DPAE, pas de mutuelle d’entreprise, pas d’indemnité de fin de contrat. Les congés n’ont pas à être rémunérés. Le stagiaire est aussi exclu du décompte des effectifs : il ne vous fait franchir aucun seuil.
Le coût qu’on oublie : le tuteur et les formalités
Le poste le plus lourd après la gratification n’apparaît sur aucun document. La convention désigne un tuteur, qui suit trois stagiaires au plus. Il accueille, explique, corrige, et produit moins pendant ce temps. Retenons deux heures par semaine, sans doute davantage au début, à un coût de 30 € de l’heure : 1 560 € sur 26 semaines.

Les formalités pèsent moins : convention tripartite, inscription au registre unique du personnel, attestation de fin de stage, et déclaration en DSN au-dessus de la franchise. Prévoyez enfin un poste de travail et un ordinateur.
Combien coûte un stage de six mois, tout compris ?
Prenons une entreprise de moins de 11 salariés qui accueille un stagiaire 924 heures, le maximum légal, à 1 000 € par mois.
Le calcul complet
- Gratification et charges : 6 571 €.
- Titres-restaurant de 9 €, pris en charge à 60 % sur 132 jours : 713 €.
- Abonnement de transport à 60 € par mois, remboursé pour moitié : 180 €.
- Temps du tuteur : 1 560 €.
Le total atteint 9 024 € hors équipement, soit 9,77 € par heure de présence. Au minimum légal, le même stage revient à 6 611 €, soit 7,15 € de l’heure. Dans les deux cas, la gratification pèse environ deux tiers du budget.
Ces sommes se déduisent du résultat, sauf pour un micro-entrepreneur, imposé sur son chiffre d’affaires.
Face à un salarié au Smic, un apprenti ou un intérimaire
Un salarié au Smic coûte 12,31 € brut de l’heure, plus quelques points de charges, et travaille en autonomie. Un apprenti de 18 ans en BTS revient à 4,70 € par heure de présence la première année, aide de l’État déduite.
Une mission d’intérim au Smic se facture autour de 23 € HT de l’heure avec un coefficient de 1,90. Un stagiaire ne peut pas tenir un poste : pour un besoin régulier, passez par un contrat de travail ou d’apprentissage.
Ce qu’un stage mal cadré peut coûter
Un stagiaire ne peut ni remplacer un salarié absent, ni absorber un surcroît d’activité, ni occuper un poste permanent. L’employeur encourt une amende administrative allant jusqu’à 2 000 € par stagiaire, et 4 000 € en cas de nouvelle infraction dans l’année.
La requalification en contrat de travail coûte plus cher, avec des rappels de salaire. Le 7 janvier 2026, la Cour de cassation a jugé que la limite de six mois se compte par entreprise d’accueil. Un changement d’école n’y change rien. Respectez aussi le délai de carence : deux mois après un stage de six mois, sur le même poste.

