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Logiciel de trésorerie prévisionnelle : comparatif des solutions pour TPE et PME

Un logiciel de trésorerie prévisionnelle relie vos comptes bancaires, classe chaque mouvement et projette votre solde sur les semaines ou les mois qui viennent. Pour une TPE, l’offre va de la fonction incluse dans un compte pro à l’outil dédié facturé plus de 100 € par mois. Le bon choix dépend moins de la liste des fonctions que de trois questions : combien de banques, combien de sociétés, et qui tiendra la prévision à jour. Les prix cités sont les tarifs 2026 affichés par les éditeurs, hors taxes.

Ce que fait un logiciel de trésorerie prévisionnelle, et ce qu’il ne fait pas

Le principe tient en deux temps : constater ce qui est passé en banque, puis ajouter ce qui va y passer.

Du relevé bancaire à la courbe de trésorerie

L’outil récupère vos opérations par synchronisation bancaire, puis les range par catégorie : ventes, achats, salaires, loyers, TVA. Vous y ajoutez ce que la banque ne voit pas encore, comme les factures clients en attente, les fournisseurs à régler ou une échéance d’emprunt. Il en tire un plan de trésorerie, encaissements et décaissements, avec un solde mois par mois comparé au réalisé.

Les scénarios font la différence avec un simple relevé : la perte d’un gros client, une embauche ou un investissement se simulent sans toucher à la prévision de base.

Ce n’est pas un logiciel de comptabilité

La trésorerie raisonne en dates de paiement, la comptabilité en dates de facture. Une vente facturée en mars et payée en mai compte en mars dans votre résultat, en mai dans votre trésorerie. Le logiciel de trésorerie ne tient donc ni le bilan ni les déclarations. Il complète le prévisionnel financier établi pour la banque, sans le remplacer.

Avant d’acheter : votre banque ou votre logiciel le fait peut-être déjà

Avant de comparer les outils dédiés, regardez ce que contiennent déjà vos abonnements.

Le compte pro et le logiciel de gestion

Chez Qonto, la formule Smart, à 19 € par mois en paiement annuel, inclut le suivi et la prévision de trésorerie, avec des scénarios. La formule Basic, à 9 €, ne les a pas. Chez Pennylane, le prévisionnel de trésorerie commence à l’offre Essentiel : 49 € par mois pour une TPE, 24 € pour un indépendant. L’offre Basique n’en a pas.

Les banques traditionnelles proposent aussi leurs modules. Le CIC vend par exemple HBS Gestion de trésorerie, une vue consolidée de plusieurs banques, avec une option de trésorerie prévisionnelle. Demandez à votre conseiller ce que contient votre convention avant de payer un second outil. Le point a aussi sa place parmi les critères pour choisir la banque de votre entreprise.

Quand un tableur suffit encore

Un tableur gratuit tient la route avec un seul compte, peu de mouvements et un dirigeant qui le met à jour chaque semaine. Il décroche dès la deuxième banque, quand il faut recopier les relevés à la main. Une formule cassée ne prévient personne : c’est souvent un découvert qui la révèle.

Le calcul se fait vite. La première offre avec prévisionnel coûte 9 € par mois chez Trezy : une heure de recopie mensuelle coûte davantage à un dirigeant.

Comparatif : sept solutions pour TPE et PME

Le tableau retient le premier prix qui donne accès au prévisionnel, pas l’offre d’appel sans prévision.

SolutionPour quiPremier prix avec prévisionnel (HT)Limite de cette offreEssai
TrezyTPE9 €/mois (7,50 € en annuel)1 banque7 jours
Okimia (ex-Fygr)TPE et PME jusqu’à 5 M€ de CA69 €/mois en annuel2 banques, 3 scénarios, 1 société7 jours
ZenfirstTPE541 €/an1 banque, 1 scénariooffre gratuite sans prévision
RocketChart (Sellsy)TPE et PMEnon affichétarif sur demande15 jours
AgicapPME et ETIsur devistarif selon CA et banquessur demande
PennylaneTPE qui veut la gestion au même endroit49 €/mois (offre Essentiel)absent de l’offre Basique15 jours
QontoTPE cliente de Qonto19 €/mois en annuel (Smart)absent de l’offre Basic1 mois

Trezy

C’est l’entrée la moins chère : 9 € par mois sans engagement pour les prévisions et les scénarios, sur un seul compte bancaire. L’offre Premium, à 39 €, ouvre les banques illimitées, les intégrations et le travail à plusieurs. L’offre gratuite se limite au suivi du réalisé.

Okimia (ex-Fygr)

Fygr a pris le nom d’Okimia en 2026 ; beaucoup de comparatifs parlent encore de l’ancien nom. L’offre Starter, à 69 € par mois en paiement annuel, couvre une société, deux banques et trois scénarios. L’offre Pro, à 104 €, monte à quatre banques et ajoute des vues journalière et hebdomadaire. Les deux incluent le paiement des fournisseurs et le placement des excédents.

Zenfirst

Zenfirst affiche ses prix à l’année. L’offre Envol coûte 541 € par an, soit environ 45 € par mois. Elle donne un prévisionnel glissant sur douze mois, une estimation automatique de la TVA et le rapprochement des factures. L’offre Pilotage, à 806 €, consolide plusieurs banques avec des scénarios illimités ; à partir de cinq banques, le prix passe sur devis.

RocketChart (Sellsy)

Intégré à Sellsy en 2022, RocketChart vise les TPE et PME : budgets à 3, 6 ou 12 mois, scénarios, synchronisation des factures Sellsy. Son site est en cours de transfert vers celui de Sellsy et n’affiche plus de prix. Il intéresse d’abord les entreprises qui facturent déjà avec Sellsy.

Agicap

Agicap s’adresse aux PME et ETI qui gèrent plusieurs banques ou plusieurs sociétés : flux entre filiales, financements, placements, change. Le tarif se calcule sur devis, d’après le chiffre d’affaires et le nombre de banques. Pour une TPE à un seul compte, c’est payer une puissance qui ne servira pas.

Pennylane

Le prévisionnel s’appuie sur les factures déjà saisies dans l’outil : une facture client émise entre dans la prévision à sa date d’échéance, sans double saisie. L’offre Essentiel ajoute aussi les relances automatiques, qui avancent les encaissements.

Pour une TPE déjà sur l’offre Basique, à 29 €, passer à Essentiel coûte 20 € de plus par mois. C’est moins que les 39 € de Trezy Premium, l’offre de Trezy qui se connecte à Pennylane.

Qonto

La prévision de Qonto convient à l’entreprise dont le compte principal est chez Qonto : catégorisation automatique, scénarios, tableau de flux modifiable. La formule Smart donne aussi un accès à l’expert-comptable. L’offre Business, à 109 € par mois, ajoute un prévisionnel intégré à la synchronisation comptable.

Kyriba, Diapason ou Cegid Treasury, souvent cités dans les comparatifs, visent les groupes et les directions financières : ils sortent du périmètre d’une TPE.

Ce que le prix affiché ne dit pas

Le prix d’entrée ne tient plus dès que votre situation sort du cadre de l’offre.

Le nombre de banques et de sociétés

Les offres d’entrée limitent le nombre de banques : une chez Trezy Starter et Zenfirst Envol, deux chez Okimia Starter. Une TPE avec un compte courant, un compte pro et un prêt dans une troisième banque change déjà de palier. Une holding et sa société d’exploitation font deux entités : Okimia les renvoie à son offre sur devis.

Avec trois banques, en paiement annuel, l’écart se creuse : 390 € par an chez Trezy Premium, 806 € chez Zenfirst Pilotage, 1 248 € chez Okimia Pro.

Un dirigeant en pull bleu marine compare trois relevés bancaires posés côte à côte sur son bureau, stylo en main, devant son ordinateur portable

Paiement annuel, utilisateurs et paramétrage

L’écart entre mensuel et annuel atteint 30 % chez Okimia et 17 % chez Trezy ; les prix de Qonto sont calculés sur un abonnement annuel. Comptez aussi les accès : l’offre Starter d’Okimia prévoit un utilisateur, l’offre TPE de Pennylane deux. Enfin, le paramétrage des catégories prend quelques heures que personne ne facture, mais que quelqu’un doit trouver.

TPE ou PME : les critères qui départagent

Le même outil ne rend pas le même service à une entreprise de trois personnes et à une PME de quarante salariés.

L’horizon et le rythme de la prévision

Une TPE pilote surtout sur trois à douze mois, au mois. Une PME en tension regarde les treize prochaines semaines, à la semaine, voire au jour : c’est ce que les offres d’entrée ne donnent pas toujours. Si votre besoin en fonds de roulement varie fortement avec la saison, vérifiez la granularité avant le prix.

TVA, charges sociales et accès de l’expert-comptable

La TVA à reverser et les cotisations URSSAF sont les décaissements les plus souvent oubliés. Certains outils estiment la TVA à partir de vos encaissements, d’autres attendent que vous la saisissiez.

Vérifiez aussi la date retenue. Sur une prestation de services, la TVA devient exigible à l’encaissement ; sur une vente de biens, à la livraison. Un outil mal réglé la place au mauvais mois. Demandez enfin un accès pour votre expert-comptable : c’est lui qui repère une catégorie mal affectée.

Facture électronique : ce qui change pour vos prévisions

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir ses factures fournisseurs au format électronique, par une plateforme agréée. L’émission devient obligatoire pour les PME et TPE au 1er septembre 2027. Les changements de la facture électronique touchent donc aussi votre trésorerie.

Une facture reçue sous cette forme arrive avec son montant et son échéance en données lisibles. Un outil de trésorerie relié à votre plateforme les intègre sans ressaisie. Pour les prestations de services soumises à la TVA sur les encaissements, la plateforme doit aussi renseigner le statut « encaissée ». Ce statut porte la date et le montant du paiement. Avant de signer, demandez à l’éditeur comment son outil se connecte à votre plateforme agréée.

Les trois premiers mois : faire tenir la prévision

Une prévision se dégrade vite si personne ne l’entretient. Trois gestes la gardent fiable.

Notez la date de reconnexion bancaire. Depuis le 25 juillet 2023, la règle européenne impose de vous authentifier à nouveau au moins tous les 180 jours. Sans ce geste, l’outil cesse de lire vos comptes et la courbe repose sur des données périmées. Avant toute décision, regardez la date de la dernière synchronisation.

Importez au moins douze mois d’historique pour que la saisonnalité apparaisse. Puis, chaque mois, comparez le prévu au réalisé. Corrigez les hypothèses qui se trompent toujours dans le même sens : c’est l’analyse des écarts qui rend la courbe crédible.

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