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Mi-temps thérapeutique : combien d’heures de travail par jour et comment ça fonctionne ?

Le mi-temps thérapeutique représente une solution adaptée pour les salariés confrontés à des problèmes de santé. Ce dispositif permet de reprendre progressivement une activité professionnelle tout en poursuivant sa convalescence. Mais concrètement, comment ce système fonctionne-t-il et quelle est la durée de travail quotidienne dans le cadre d’un mi-temps thérapeutique ? Analysons ensemble les modalités précises de ce dispositif qui concilie reprise d’activité et préservation de la santé.

Qu’est-ce qu’un temps partiel thérapeutique et dans quel cadre peut-on en bénéficier ?

Le temps partiel thérapeutique, communément appelé mi-temps thérapeutique, constitue un aménagement temporaire du temps de travail permettant à un salarié de réduire son activité professionnelle pour une période déterminée. Contrairement à ce que son appellation suggère, il ne s’agit pas systématiquement d’un travail à mi-temps.

Ce dispositif vise principalement à favoriser l’amélioration de l’état de santé du salarié, sa guérison ou la consolidation de sa blessure. Il peut être mis en place dans deux situations distinctes :

  • Lors d’une reprise progressive après un arrêt maladie
  • Dans le cadre d’un maintien dans l’emploi à temps partiel pour raison médicale
  • Pour des pathologies tant physiques que psychiques nécessitant un allègement temporaire de la charge de travail

Pour bénéficier d’un temps partiel thérapeutique, le salarié doit disposer d’une prescription médicale établie par son médecin traitant. Cette dernière précisera la quotité de travail recommandée en fonction de sa condition médicale. Le médecin conseil de la Sécurité sociale et le médecin du travail interviennent également dans la validation de cette démarche.

Il est utile de préciser que ce dispositif s’applique aussi bien dans le secteur privé que dans la fonction publique, avec d’un autre côté quelques spécificités propres à chaque régime. Dans tous les cas, l’objectif reste identique : permettre une réintégration progressive dans le milieu professionnel tout en préservant la santé du salarié.

Organisation du temps de travail en mi-temps thérapeutique : combien d’heures par jour ?

Contrairement à une idée reçue, le mi-temps thérapeutique ne correspond pas systématiquement à un travail à 50% du temps complet. La quotité de travail est fixée par le médecin traitant en fonction de l’état de santé du salarié et peut varier considérablement.

Dans le secteur privé, le temps partiel thérapeutique peut être établi à 50%, 60%, 70%, 80% ou 90% d’un temps complet. Pour la fonction publique, il ne peut pas être inférieur à un mi-temps (50%). Dans tous les cas, le nombre d’heures travaillées quotidiennement dépendra de cette quotité et de l’organisation retenue.

Quotité de travailHeures hebdomadaires (base 35h)Heures quotidiennes moyennes (sur 5 jours)
50%17,5 heures3,5 heures
60%21 heures4,2 heures
70%24,5 heures4,9 heures
80%28 heures5,6 heures
90%31,5 heures6,3 heures

La répartition des heures travaillées est établie d’un commun accord entre l’employeur et le salarié, en respectant les prescriptions médicales. Plusieurs formules sont envisageables :

Les horaires de travail peuvent être aménagés de différentes manières, par exemple :

  1. Travailler tous les jours avec des journées plus courtes
  2. Travailler certains jours à temps plein et d’autres pas du tout
  3. Combiner des journées complètes et des demi-journées

Il convient de souligner que durant cette période de temps partiel thérapeutique, le salarié ne peut pas effectuer d’heures supplémentaires ou complémentaires. Un avenant temporaire au contrat de travail doit être établi pour formaliser ces nouveaux horaires.

Durée et rémunération du dispositif de mi-temps thérapeutique

La durée du temps partiel thérapeutique varie selon le statut du salarié. Dans le secteur privé, aucune durée maximale n’est fixée par la loi, mais l’indemnisation est généralement limitée à 3 ans, prolongeable d’un an (soit 4 ans au total). Pour les accidents du travail, il n’existe pas de limitation de durée d’indemnisation.

Dans la fonction publique, l’autorisation est accordée pour une période de 1 à 3 mois, renouvelable, dans la limite d’un an au total. Les droits se reconstituent après un délai d’un an sans temps partiel thérapeutique.

Concernant la rémunération, le mécanisme est le suivant :

Dans le secteur privé, le salarié perçoit :

  • Son salaire au prorata du temps travaillé versé par l’employeur
  • Des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) pour compenser la perte de revenus

Soulignons que la somme du salaire et des IJSS ne peut pas dépasser le salaire normal à temps plein. Dans la fonction publique, le système est plus avantageux puisque l’agent conserve l’intégralité de son traitement indiciaire, de l’indemnité de résidence et du supplément familial de traitement.

Le temps partiel thérapeutique a également un impact sur les congés payés et autres droits. Le salarié acquiert les mêmes droits à congés payés que les autres salariés à temps partiel, généralement 2,5 jours par mois. Cette période peut être interrompue en cas de congé de maternité, d’adoption ou de paternité.

La mise en place et les possibilités de refus du mi-temps thérapeutique

La procédure de mise en place d’un temps partiel thérapeutique suit plusieurs étapes essentielles. D’abord, le médecin traitant prescrit le temps partiel thérapeutique en précisant le pourcentage d’activité recommandé. Cette demande est ensuite transmise à la CPAM et soumise au médecin conseil pour validation.

Le salarié doit formuler sa demande auprès de son employeur et une visite médicale auprès du médecin du travail est organisée. Ce dernier donne son avis sur la reprise et propose éventuellement des aménagements spécifiques. Finalement, le salarié transmet la prescription médicale et l’attestation de l’employeur à la CPAM pour finaliser le processus.

L’employeur peut refuser la mise en place d’un temps partiel thérapeutique pour des motifs légitimes liés au fonctionnement de l’entreprise. De même, la CPAM peut refuser l’indemnisation si le médecin-conseil émet un avis défavorable.

En cas de refus, le salarié dispose de voies de recours. Il peut contester la décision en suivant la procédure prévue, qui implique généralement la saisine du conseil de prud’hommes pour un litige avec l’employeur ou de la commission de recours amiable pour une décision de la CPAM.

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