Dans cet article, nous vous expliquons l’ensemble des aspects de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE), un impôt local qui fait partie de la contribution économique territoriale. Cette taxe concerne spécifiquement les entreprises dépassant certains seuils de chiffre d’affaires et constitue un enjeu fiscal majeur pour les structures de taille moyenne et importante.
Les points essentiels à retenir concernant la CVAE :
- Impôt local financé par les entreprises au profit des collectivités territoriales
- Seuil de déclaration obligatoire à partir de 152 500 € de chiffre d’affaires
- Paiement effectif uniquement pour les entreprises dépassant 500 000 € de chiffre d’affaires
- Suppression progressive prévue jusqu’en 2030
- Calcul basé sur la valeur ajoutée taxable et des taux progressifs
Définition et champ d’application de la CVAE
La Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises constitue l’une des deux composantes de la contribution économique territoriale (CET), aux côtés de la cotisation foncière des entreprises (CFE). Tel que défini par les articles 1586 ter à 1586 nonies du Code général des impôts, cet impôt local sert au financement des collectivités territoriales françaises.
Entreprises concernées par l’obligation déclarative
Dans le cadre de la réglementation actuelle, les entreprises soumises à l’obligation déclarative de CVAE doivent respecter deux critères cumulatifs :
- Exercer une activité imposable à la CFE, c’est-à-dire une activité professionnelle non salariée pratiquée habituellement en France
- Réaliser un chiffre d’affaires annuel supérieur à 152 500 € hors taxes
- Être en activité au 1er janvier de l’année d’imposition
Seuil de paiement effectif
Bien que la déclaration soit obligatoire dès 152 500 € de chiffre d’affaires, le paiement effectif de la CVAE ne concerne que les entreprises dépassant 500 000 € de chiffre d’affaires hors taxes. Cette distinction permet d’exonérer les plus petites structures tout en maintenant l’obligation déclarative pour le suivi statistique.
Exonérations spécifiques
Certaines entreprises bénéficient d’exonérations automatiques, notamment lors de leur année de création, sauf en cas de reprise d’activité préexistante. Les micro-entrepreneurs sont également exemptés par définition, leur chiffre d’affaires étant limité réglementairement.
Modalités de calcul de la cotisation
Le calcul de la CVAE repose sur une formule précise combinant la valeur ajoutée taxable et un taux progressif déterminé selon le chiffre d’affaires de l’entreprise.
Détermination de la valeur ajoutée taxable
La valeur ajoutée taxable se calcule selon la formule suivante : Produits à retenir – Charges imputables. Cette base de calcul fait l’objet d’un plafonnement strict :
- 80 % du chiffre d’affaires pour les entreprises réalisant 7,6 millions d’euros ou moins
- 85 % du chiffre d’affaires pour celles dépassant ce montant
Les produits retenus comprennent le chiffre d’affaires, la production stockée, les subventions d’exploitation et les autres produits de gestion courante. Les charges imputables incluent les achats, les services extérieurs et certaines charges de gestion, à l’exclusion des charges de personnel et des dotations aux amortissements d’exploitation.
Barème des taux applicables
Les taux de CVAE pour 2025 suivent une progression adaptée au chiffre d’affaires des entreprises :
| Chiffre d’affaires hors taxes | Taux applicable 2025 | Taux prévu 2026-2027 |
|---|---|---|
| Moins de 500 000 € | 0 % | 0 % |
| 500 000 € à 3 millions € | 0,063 % × (CA – 500 000 €) / 2,5 M€ | 0,094 % × (CA – 500 000 €) / 2,5 M€ |
| 3 millions € à 10 millions € | 0,063 % + 0,113 % × (CA – 3 M€) / 7 M€ | 0,094 % + 0,169 % × (CA – 3 M€) / 7 M€ |
| 10 millions € à 50 millions € | 0,175 % + 0,013 % × (CA – 10 M€) / 40 M€ | 0,263 % + 0,019 % × (CA – 10 M€) / 40 M€ |
| Plus de 50 millions € | 0,19 % | 0,28 % |
Dégrèvements et franchise d’imposition
Les entreprises réalisant moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires bénéficient d’un dégrèvement complémentaire de 125 € en 2025. Par ailleurs, aucune CVAE n’est due si le montant calculé reste inférieur à 63 €, constituant une franchise d’imposition pour les plus petites structures concernées.
Obligations déclaratives et modalités de paiement
La gestion de la CVAE implique des obligations précises en matière de déclaration et de paiement, avec des échéances déterminées selon le montant dû.
Déclaration annuelle obligatoire
Toute entreprise concernée doit effectuer sa déclaration CVAE via le formulaire n°1330-CVAE de manière dématérialisée. La date limite correspond au 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l’année suivant celle au titre de laquelle la cotisation est due. L’administration fiscale accorde un délai supplémentaire de 15 jours calendaires pour les téléprocédures.
Paiement selon le montant dû
Les modalités de paiement varient selon le montant de CVAE de l’année précédente :
- CVAE ≤ 1 500 € : paiement en une seule fois lors de la déclaration de liquidation et de régularisation
- CVAE > 1 500 € : versement de deux acomptes de 50 % chacun, le 15 juin et le 15 septembre de l’année d’imposition
Le paiement s’effectue obligatoirement par télépaiement sur le compte fiscal en ligne de l’entreprise, sans réception d’avis d’imposition préalable.
Taxes additionnelles
Une taxe additionnelle de 13,84 % du montant de la CVAE s’ajoute systématiquement, destinée au financement des chambres de commerce et d’industrie. Cette taxe sera réduite à 9,23 % pour les années 2026 et 2027. Pour 2025 uniquement, une contribution complémentaire équivalente à 47,4 % de la CVAE due s’applique pour compenser les ajustements tarifaires.
Calendrier de suppression progressive jusqu’en 2030
Dans le cadre de la loi de finances pour 2025, le législateur a confirmé la suppression définitive de la CVAE pour 2030, après plusieurs reports successifs initialement prévus pour 2024 puis 2027.
Évolution des taux jusqu’à la suppression
La diminution progressive des taux s’échelonnera selon le calendrier suivant pour les entreprises de plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires :
- 2025 : 0,19 %
- 2026-2027 : 0,28 %
- 2028 : retour à 0,19 %
- 2029 : 0,09 %
- 2030 : suppression totale
Impact sur les collectivités territoriales
Cette suppression progressive nécessitera des mécanismes de compensation pour les collectivités territoriales, principales bénéficiaires de ces recettes fiscales. L’État devra mettre en place des dispositifs alternatifs pour maintenir l’équilibre budgétaire des territoires, particulièrement ceux dépendants de ces ressources pour leur développement économique local.
La CVAE demeure un impôt incontournable pour les entreprises moyennes et importantes jusqu’en 2030, avec des obligations déclaratives strictes dès 152 500 € de chiffre d’affaires et un paiement effectif au-delà de 500 000 €. Sa suppression progressive permettra un allégement fiscal graduel tout en préservant les finances publiques locales.
A voir également
- Qu’est-ce qu’un mémento fiscal ? Sa fonction et son utilité pour les entreprises
- Tout comprendre de l’impôt sur les sociétés (IS)
- Fin du crédit d’impôt formation des dirigeants d’entreprise
- Comment sont imposés les dividendes en 2026 ?
- Assujettissement à la TVA : opérations imposables sur option et régimes d’imposition

