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Découvrez le prêt inter-entreprises autorisé par la loi Macron

Les entreprises françaises font face à des besoins de trésorerie urgents et cherchent des solutions rapides. Le prêt inter-entreprises issu de la loi Macron répond précisément à cette demande en autorisant un soutien financier direct entre sociétés liées. Cette option contourne les délais bancaires et booste la fluidité des relations commerciales.

Les origines et l’évolution du prêt inter-entreprises

La loi Macron du 6 août 2015 introduit ce mécanisme dans le Code monétaire et financier. Elle brise le monopole bancaire sur les crédits aux entreprises en permettant des avances entre partenaires économiques. Les législateurs visent à dynamiser l’économie réelle grâce à des financements plus accessibles.

Initialement, cette mesure limite les prêts à deux ans maximum. La loi Pacte de 2019 élargit le champ : toute société commerciale peut désormais prêter, et la durée passe à trois ans. Les autorités adaptent ainsi le dispositif aux réalités du marché.

Quelles entreprises peuvent accorder un prêt inter-entreprises ?

L’entreprise prêteuse doit présenter une santé financière solide. Ses capitaux propres dépassent le capital social sur les deux derniers exercices. Son excédent brut d’exploitation reste positif, et sa trésorerie nette aussi.

Elle certifie ses comptes via un commissaire aux comptes. Seules les sociétés par actions ou à responsabilité limitée remplissent souvent ces critères au départ. La réforme de 2019 ouvre la porte à toutes les sociétés commerciales stables.

  • Capitaux propres supérieurs au capital social.
  • Excédent brut d’exploitation positif.
  • Trésorerie nette positive.

Les limites de montant pour le prêteur

L’ensemble des prêts ne dépasse pas 50 % de la trésorerie nette de l’entreprise prêteuse. Au niveau du groupe consolidé, ce seuil tombe à 10 %. Les plafonds absolus varient selon la taille : 10 millions d’euros pour les PME, 50 millions pour les ETI, et 100 millions pour les grandes entreprises.

Pour un même emprunteur, le prêt reste inférieur au plus élevé de ces ratios : 50 % de la trésorerie nette, ou les plafonds par taille d’entreprise. Le commissaire aux comptes valide annuellement ces ratios.

Qui qualifies-vous comme emprunteur éligible ?

L’emprunteur appartient aux catégories TPE, PME ou ETI. Une TPE emploie moins de 10 salariés avec un chiffre d’affaires ou bilan sous 2 millions d’euros. Une PME compte moins de 250 salariés, un CA inférieur à 50 millions ou un bilan sous 43 millions.

CatégorieSalariés maxCA annuel maxBilan max
TPE102 M€2 M€
PME25050 M€43 M€
ETI4 9991,5 Md€2 Md€

Les ETI emploient entre 250 et 4 999 salariés, avec un CA sous 1,5 milliard d’euros ou un bilan sous 2 milliards. Ces seuils garantissent un encadrement précis des bénéficiaires.

Le lien économique indispensable entre prêteur et emprunteur

Les deux entreprises entretiennent un lien économique justifiant le prêt. Elles participent au même groupement d’intérêt économique ou à un projet subventionné. L’emprunteuse sous-traite pour la prêteuse, ou inversement.

Le chiffre d’affaires entre elles atteint au moins 500 000 euros annuels ou 5 % du CA de l’emprunteuse. La prêteuse concède une licence de brevet, marque, franchise ou location-gérance à l’emprunteuse. Ces relations prouvent une interdépendance commerciale réelle.

Pour intégrer cette convention réglementée, les parties rédigent un contrat clair. Ce document détaille les modalités et respecte les règles des conventions entre sociétés et dirigeants.

La durée et les caractéristiques des prêts

Les prêts durent au maximum trois ans depuis la loi Pacte. Ils financent des besoins d’exploitation à court terme : stocks, trésorerie, ou développement de projets liés. L’entreprise prêteuse agit de manière accessoire à son activité principale.

Le décret n° 2016-501 du 22 avril 2016 précise ces règles. Il impose un contrat écrit signé par les deux parties. Ce formalisme protège les intérêts des deux côtés et facilite les contrôles.

Exemple concret d’application

Une société de capitaux fournit des matières premières à une PME sous-traitante. Celle-ci manque de liquidités pour un gros stock. La fournisseur accorde un prêt de 200 000 euros sur 18 mois, couvert par 20 % de son CA réalisé avec la PME.

La trésorerie nette de la prêteuse supporte ce montant sans dépasser les 50 %. Le commissaire aux comptes certifie la conformité. La PME rembourse mensuellement et relance sa production.

Avantages pratiques pour les entreprises

Ce financement évite les circuits bancaires longs. Les banques évaluent des critères stricts pour accorder un prêt professionnel, comme les garanties et les historiques. Ici, le partenaire connaît déjà la solidité de l’emprunteur.

Les taux d’intérêt restent négociables entre les parties. Ils s’alignent souvent sur les taux d’intérêts des comptes courants d’associés, autour de 1 à 4 % selon le marché. Cette flexibilité accélère les décisions et réduit les coûts.

  • Rapidité de mise en place.
  • Taux adaptés au risque connu.
  • Pas de frais bancaires excessifs.

Obligations formelles et contrôles

Le prêt entre dans le cadre des conventions réglementées si des dirigeants interviennent. L’assemblée générale approuve le contrat après rapport du commissaire aux comptes. Cette étape renforce la transparence.

En cas de cessation d’activité, des solutions pour rembourser un prêt professionnel existent, comme la cession de créances. Les entreprises anticipent ces scénarios dans le contrat initial.

Cas d’usage courants dans les groupes

Dans un groupe, la société mère prête à sa filiale pour fluidifier la trésorerie. Ce montage optimise les flux internes sans alourdir les comptes bancaires. Attention aux limites consolidées à 10 %.

Une entreprise accorde un prêt à son franchisée pour renouveler du matériel. Le lien via la franchise justifie l’opération. Le remboursement s’échelonne sur la durée du contrat de franchise.

Cas d’usageLien économiqueMontant typique
Sous-traitanceCA >5%100-500 k€
FranchiseLicence50-200 k€
GroupeMère-fille1-10 M€

Risques à anticiper et bonnes pratiques

La prêteuse expose sa trésorerie si l’emprunteur défaille. Elle sécurise le prêt par des garanties comme des nantissements de stocks. Un avenant prévoit les pénalités de retard.

Les parties simulent les ratios avant signature. Elles consultent un expert-comptable pour valider la santé financière. Ce prêt renforce les partenariats quand les acteurs le maîtrisent.

Les restructurations comme le coup d’accordéon n’impactent pas directement ces prêts, mais stabilisent les capitaux propres. Les entreprises intègrent ces outils dans une stratégie globale.